Bayonne ne peut pas se contenter d’une heure


Face à l’UBB, l’Aviron Bayonnais menait 38-19 à l’heure de jeu et semblait se diriger vers une victoire bonifiée. Pourtant, les Basques, perclus de crampes et pas aidés par un banc de touche défaillant, ont failli, laissant les Bordelais les coiffer sur le fil…

L’Aviron Bayonnais n’avait plus gagné à Jean-Dauger en Top14 depuis le 27 décembre dernier. C’était il y a plus de quatre mois, face au Stade Français (35-34). Depuis, les coéquipiers d’Esteban Capilla se sont inclinés contre Castres (10-13), le Racing 92 (36-41) et Pau (22-54). Seule la victoire au stade Anoeta de San Sebastian contre La Rochelle (26-15) avait satisfait les supporters basques en 2026. 

Et ce samedi 9 mai, pour la réception de l’Union Bordeaux-Bègles, les 13 500 spectateurs du stade Jean-Dauger ont bien cru que la série noire des Bleu et Blanc allait s’arrêter là, du moins pendant 60 minutes. Dans le sillage d’un XV type dense, où figurait la plupart des leaders de jeu bayonnais (Capilla, Fischer, Segonds, Maqala ou encore Carreras), les hommes de Laurent Travers attaquaient pied au plancher, en asphyxiant des Bordelais pas totalement remis de leur qualification en finale de la Champions Cup. Bien servi sur les extérieurs, Arnaud Erbinartegaray s’offrait un doublé et Rodrigo Bruni inscrivait lui aussi un essai. Et malgré une indiscipline chronique (12 pénalités sifflées, dont 3 contre Johnson et 3 contre Tagi), Bayonne virait en tête à la pause, grâce à un quatrième essai signé Sireli Maqala, bien aidé par le laxisme de l’arrière béglais Romain Buros. 26-19 à la mi-temps pour l’Aviron.

Le banc de touche bordelais a fait mal

Quatre essais à un en faveur des Bayonnais, mais un seul problème: l’Union Bordeaux-Bègles n’est pas encore distancée, et le banc composé de Jalibert, Bielle-Biarrey, Falatea ou encore Gazzotti annonce une fin de match difficile. Alors pour éviter que le doute ne s’installe, les locaux appuient sur l’accélérateur une fois la cinquantième minute passée. Herschel Jantjies inscrit le cinquième essai bayonnais puis Rodrigo Bruni s’offre un doublé  trois petites minutes plus tard. Jean-Dauger est en fête, les Bayonnais pensent avoir tué la rencontre (38-19, 59’). 

Mais petit à petit, les avants bordelais commencent à gagner leurs collisions, Matthieu Jalibert prend le rythme du match à son compte, et la défense basque n’arrive plus à suivre. Louis Bielle-Biarrey ramène les siens à 12 unités (38-26), et les premiers signes de fatigue se font ressentir. Jantjies est perclu de crampes, Segonds ne fait pas l’effort de se sortir de la zone de plaquage… Bayonne a de l’avance, mais est à bout de souffle.

Les entrants n’ont rien apporté

Jalibert et Lucu décident d’emballer la rencontre en balayant le terrain et en faisant courir un banc bayonnais qui n’apporte aucune fraîcheur. Emerick Setiano n’avance pas au contact, Facundo Bosch rate des plaquages et n’assure pas ses lancers en touche, Baptiste Germain n’est pas incisif au bord des rucks… l’Aviron Bayonnais a du mal à conserver la balle. Alors qu’en face, Cameron Woki réduit à nouveau l’écart (38-33, 65’) et l’UBB revient dans une rencontre qu’on pensait sans suspense. Le momentum est clairement à l’avantage des champions d’Europe bordelo-béglais, qui gagnent également la bataille du jeu au pied. Lachlan Swinton permet même à son équipe de revenir à égalité à la 76’ (38-38), avant que Maxime Lucu ne passe les deux points d’une transformation décisive (38-40). L’UBB prend l’avantage au meilleur des moments, et pour la première fois de la partie. 

La tension est à son comble sur le banc bayonnais, qui se voyait déjà vainqueur avec le bonus une vingtaine de minutes plus tôt. Le demi d’ouverture Joris Segonds manque la cible à près de 60 mètres alors qu’il ne reste plus que quelques secondes à jouer. Et sur la dernière action de la partie, comme un symbole, c’est l’entrant Manu Tuilagi qui commet un en-avant dans le camp bordelais. L’image d’un banc de touche qui aura souffert et n’aura pas réussi à se mettre au diapason des titulaires. Score final 38-40 pour l’UBB. Bayonne n’aura joué qu’une heure et n’a toujours pas gagné à Jean-Dauger en 2026. Un match de rugby se joue à 23 et non à 15. Leçon qu’il faudra retenir lors de la 26ème journée et la réception de l’USAP, pour enfin ravir les supporters présents à Jean-Dauger.


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