Une semaine après leur triomphe en Champions Cup, les Bordelais avaient fait tourner suite aux festivités. Malgré la défaite, les habituels remplaçants ont tenu leur rang, et le banc s’est encore mis en évidence.

Ils étaient 8 titulaires du côté de Félix-Mayol cet après-midi à ne pas avoir été présents sur la feuille de match de la finale de la Champions Cup samedi dernier. Des joueurs titrés mais qui n’ont pas eu le plaisir de fouler la pelouse de San Mamés la semaine dernière, et qui étaient convoqués pour faire le déplacement à Toulon à l’occasion de cette 25ème journée. Parmi eux, les internationaux français Sipili Falatea et Romain Buros, le talonneur Connor Sa, les deuxièmes lignes Adam Zapedowski et Tiaan Jacobs, l’international italien Martin Page-Relo et les deux trois-quarts Madosh Tambwe et Xan Mousques.
Pour tous ces joueurs, il y avait une mission: faire la meilleure partie pour espérer ramener un bonus défensif ou mieux car la place des Bordelais dans le Top6 tient pour le moment à un fil. Seulement un point d’avance sur Clermont, et trois sur le Racing 92, l’UBB n’est pas forcément en ballottage favorable à deux matchs de la fin de la phase régulière.
Alors tous les joueurs évoqués précédemment devaient se mettre au diapason de leurs coéquipiers victorieux huit jours plus tôt. Leur début de match a répondu aux attentes, notamment dans l’intensité et le déplacement. Si sur un contre assassin l’ouvreur toulonnais Tomas Albornoz a ouvert le score en faveur du RCT, les “seconds couteaux” girondins ont rapidement réagi. Xan Mousquès a semé la zizanie dans la défense varoise après plusieurs phases de dribbling sans arriver à aplatir en terre promise. Puis le jeune deuxième ligne polonais Adam Zapedowski s’est montré à son avantage en contrant un jeu au pied d’Albornoz qui, quelques temps de jeu plus tard, amènera à l’essai d’un autre joueur non présent sur la pelouse de Bilbao samedi dernier: Sipili Falatea.
Une fin de première période à l’avantage des Varois
Les Bordelais restent au contact des Varois (7-7), mais quelques coups durs entachent le début de rencontre. Martin Page-Relo sort blessé à la 26’, Romain Buros distille un jeu au pied trop long… la tâche de l’UBB se corse, et Toulon accélère. Tomas Albornoz s’offre un doublé, puis Setariki Tuicuvu aplatit le troisième essai du RCT juste avant la mi-temps (21-07). Un score qui aurait pu être plus lourd pour l’UBB sans un bon plaquage salvateur de Romain Buros sur Tuicuvu justement. Malgré beaucoup de courage, les habituelles doublures girondines ne rivalisent pas totalement avec leur adversaire et font la course derrière au tableau d’affichage.

14 points de retard au retour des vestiaires pour les hommes de Yannick Bru et surtout un regain d’énergie amené par le coaching du staff girondin. Car si la plupart des titulaires de la finale européenne n’ont pas débuté la rencontre, une grosse partie était sur le banc. Maxime Lucu était déjà rentré lors du premier acte, mais Marko Gazzotti, Ugo Boniface, Ben Tameifuna ou encore Maxime Lamothe prennent le relais de leurs compères, et amènent une nouvelle énergie, notamment dans les phases de rucks. Toute la première ligne remplaçante multiplie les grattages pour étouffer le RCT dans sa moitié de terrain. Puis après un franchissement d’Hugo Reus, c’est Ben Tameifuna qui permet aux Bordelais d’y croire à nouveau (21-14). Reus ajoute une pénalité supplémentaire (21-17) et l’UBB rentre dans son objectif du bonus défensif.
Jaminet a crucifié l’UBB
Mais grâce à une domination en touche, et une solidarité exemplaire devant leur ligne, les Unionistes peuvent légitimement rêver de ramener une victoire de Mayol. Et sur une action d’envergure rondement bien menée par la charnière bordelaise, c’est Romain Buros, comme un symbole, qui aplatit le troisième essai girondin et permet aux siens de prendre les devants pour la première fois de la partie (21-22, 65’), après la transformation manquée d’Hugo Reus. Un avantage de courte durée puisque grâce à deux pénalités lointaines de Melvyn Jaminet, Toulon reprend les devants pour ne plus les lâcher jusqu’au coup de sifflet final (27-22).
Une défaite amère pour les Girondins, qui ont été dans le match pendant toute la seconde période, mais qui récupèrent un point de bonus défensif important en vue de la dernière journée de championnat et du Top6. Les “second couteaux” girondins, bien aidés par leur banc de touche, ont rivalisé pendant 80 minutes mais n’ont pas réussi à faire la différence dans le money-time. Une performance encourageante, en attendant le retour de l’équipe type la semaine prochaine du côté de Chaban-Delmas et la réception de Clermont pour un véritable “1/8e de finale” décisif avant les playoffs.



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